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Communiqué de l’association d’Aide Aux Victimes du Tabagisme. Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Paray-le-Monial le 7 avril 2008

L’actualité récente nous apporte deux informations contradictoires : d’une part, la diminution du tabagisme des jeunes, ce qui est une bonne nouvelle, d’autre part une augmentation de l’alcoolisme et de la consommation des produits illicites, ce qui est une mauvaise nouvelle.
Nous déplorons, bien sûr, l’augmentation de la consommation de produits illicites, mais nous nous réjouissons de la diminution du tabagisme et nous en éprouvons une certaine satisfaction puisque notre association a modestement (*) contribué à obtenir ce résultat en persistant dans son effort de prévention du tabagisme auprès du public, des collégiens et lycéens.
Cette actualité nous apprend aussi que le déficit de la Sécurité Sociale s’élève à 9 milliards d’euros
.


Depuis 1995, l’Association d’Aide aux Victimes du Tabagisme mène un combat pour que les cigarettiers paient les frais de soins médicaux de leurs victimes et assument, en quelque sorte, leurs responsabilités. Ainsi, le montant des soins aux victimes du tabagisme ne serait plus à la charge de la collectivité et notamment à la charge de la Caisse Nationale d’Assurance Maladie, mais à la charge des responsables : les cigarettiers.
Si les alcooliers étaient astreints à la même règle, les milliards de déficit de la Caisse Nationale d’Assurance Maladie seraient bien diminués et il ne serait plus nécessaire de créer de nouvelles taxes qui appauvrissent l’assuré, lui-même, de moins en moins remboursé.
Notre requête de remboursement des soins médicaux par les cigarettiers a d’ailleurs été plaidée à l’occasion de l’affaire dite « GOURLAIN ».
En décembre 1999, à l’occasion de cette affaire, la Caisse Primaire d’Assurance Maladie du Loiret avait demandé le remboursement des soins prodigués à M. GOURLAIN et calculé le montant de ces frais de santé à 977 396 Francs, soit 1 million de francs environ ou 150 000 €.
En 2008, ces frais de santé sont encore plus élevés.
L’état de santé des fumeurs inquiète les assurances privées, par exemple la compagnie AXA qui propose des tarifs moindres aux non-fumeurs ou MMA qui propose un système bonus/malus (comme si un être humain pouvait être comparé à une voiture !!) basé sur le principe : « beaucoup de soins et de frais de santé, on paie plus, moins de soins, on paie moins.
Notre association estime que la dépendance au tabac est un fait objectif, que la volonté ou la motivation pour arrêter de fumer n’est pas toujours suffisante pour y parvenir.
Notre association soutient que c’est bien l’industrie du tabac qui suscite la dépendance en incitant à consommer du tabac qui contient déjà un produit addictogène : la nicotine et ajoutant,  à l’insu des fumeurs, des produits qui aggravent cette dépendance. C’est cette industrie qui devrait assumer les frais de santé ainsi que les frais de sevrage, patch et autres.
Aujourd’hui, il y a au moins 60 000 morts par an, en France : décès prématurés évitables dus au tabac sans compter les décès causés par le tabagisme passif.
Nous pouvons imaginer que la Caisse Nationale d’Assurance Maladie aurait moins de déficit si les responsables assumaient les frais de soins causés par leurs produits !

Si la CPAM estimait en 1999 le montant des frais de santé pour soigner un malade du tabac à 1 million de francs soit 150 000 €, on peut calculer qu’à raison de 60 000 décès par an dus au tabagisme, la sécurité sociale pourrait ne pas dépenser : 60 000 x 150 000 = 9 milliards €.
Ceci sans compter les journées de travail perdues, les souffrances des malades et des familles.

(*) Notre Association, bien que reconnue à l’échelle nationale, ne perçoit plus de subvention depuis 2004 et ne vit donc que par les cotisations de ses adhérents et par les maigres produits de son activité propre.

    La Présidente

    Michelle Affonso