| Histoire du processus de la CCLAT |
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L’idée d’un instrument international de lutte contre le tabagisme est née avec l’adoption de la résolution WHA48.11 en mai 1995, dans laquelle le Directeur général était prié de faire rapport à la Quarante-Neuvième Assemblée mondiale de la Santé sur la possibilité d’élaborer un instrument international, sous la forme de principes directeurs, d’une déclaration ou d’une convention internationale sur la lutte antitabac. Par suite de l’adoption de la résolution WHA48.11, l’OMS a été invitée à rédiger une étude de faisabilité qui a été présentée au Directeur général à la quatre-vingt-dix-septième session du Conseil exécutif de l’OMS ("Possibilité d’élaborer un instrument international sur la lutte antitabac" (EB97/INF.DOC./4)). Au cours de la même session, le Conseil exécutif a adopté la résolution EB97.R8, "Convention-cadre internationale pour la lutte antitabac". Plus tard cette année-là, la Quarante-Neuvième Assemblée mondiale de la Santé a adopté la résolution WHA49.17, "Convention-cadre internationale pour la lutte antitabac", priant le Directeur général d’entamer l’élaboration d’une Convention-cadre pour la lutte antitabac. L’élaboration par l’OMS du premier traité de son histoire était alors officiellement lancée. En 1998, le nouveau Directeur général de l’OMS, le Dr Gro Harlem Brundtland, a fait de la lutte antitabac dans le monde une priorité avec la création d’un projet du Cabinet, l’Initiative pour un monde sans tabac, afin de mobiliser l’attention internationale, les ressources et l’action sur l’épidémie mondiale de tabagisme. De nouveaux partenariats multisectoriels illustrant la nature de l’action ont été mis en place. Plus important encore, le Dr Brundtland a collaboré avec des Etats Membres pour qu’ils donnent à leurs représentants un mandat de négociation de la Convention-cadre pour la lutte antitabac et entreprennent de mobiliser l’opinion publique et politique en faveur d’une réglementation mondiale de la lutte antitabac. En mai 1999, la Cinquante-Deuxième Assemblée mondiale de la Santé a ouvert la voie aux négociations multilatérales concernant la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac et ses protocoles éventuels. Par la résolution WHA52.18, elle a créé deux organes pour élaborer la Convention-cadre, mener à bien les négociations et soumettre le texte final à l’examen de la Cinquante-Sixième Assemblée mondiale de la Santé: un groupe de travail technique chargé d’établir des projets de dispositions pour la Convention-cadre; et un organe intergouvernemental de négociation chargé de rédiger et de négocier la Convention-cadre et d’éventuels protocoles y relatifs. Les deux organes étaient ouverts à tous les Etats Membres et aux organisations d’intégration économique régionale à qui les Etats Membres avaient transféré leurs compétences pour les questions liées à la lutte antitabac. Le groupe de travail a tenu deux sessions à Genève (25-29 octobre 1999 et 27-29 mars 2000). Ses travaux ont abouti à un document contenant le texte provisoire de projets dedispositions de la Convention-cadre, soumis à la Cinquante-Troisième Assemblée mondiale de la Santé avec les observations du groupe de travail1. Dans sa résolution WHA53.16, l’Assemblée de la Santé a demandé à l’organe intergouvernemental de négociation d’entamer les négociations portant dans un premier temps sur le projet de Convention-cadre, sans préjuger des discussions auxquelles donneraient lieu d’éventuels protocoles y relatifs, de rendre compte des progrès de ses travaux à la Cinquante-Quatrième Assemblée mondiale de la Santé et d’examiner la question d’une participation élargie d’organisations non gouvernementales, en qualité d’observateurs. La première session de l’organe intergouvernemental de négociation (Genève, 16-21 octobre 2000) a été précédée d’auditions publiques organisées par le Directeur général sur des questions concernant la Convention-cadre afin d’offrir à la communauté de la santé publique, à l’industrie du tabac et aux groupes de cultivateurs une instance où ils pourraient présenter leurs arguments; les comptes rendus des auditions ont été mis à la disposition de l’organe de négociation ainsi qu’au grand public sur le site Web de l’OMS. A la première session, M. Celso Amorim (Brésil) a été élu Président de l’organe intergouvernemental de négociation et un bureau composé des Vice-Présidents de l’Afrique du Sud, de l’Australie, des Etats-Unis d’Amérique, de l’Inde, de la République islamique d’Iran et de la Turquie a été établi. Le texte provisoire des projets de dispositions qu’il était proposé d’inclure dans la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac,2 et qui avait été élaboré par le groupe de travail, a été accepté comme une bonne base pour les négociations. Par la suite, M. Amorim a établi un projet de texte de la Convention-cadre pour la lutte antitabac, baptisé "Texte du Président".3 Ce premier projet, paru en janvier 2001, devait servir de base aux négociations à la deuxième session. Un rapport sur la participation des organisations non gouvernementales aux travaux de l’organe de négociation a été présenté au Conseil exécutif à sa cent septième session en janvier 2001.4 Conformément aux dispositions de la décision EB107(2) du Conseil exécutif, le Président du Conseil, agissant de concert avec le Président du Comité permanent des Organisations non gouvernementales, a admis deux organisations non gouvernementales, la Coalition internationale antitabac des Organisations non gouvernementales et INFACT, à des relations officielles avec l’OMS à partir du 26 avril 2001.5 Pour poursuivre les préparatifs en vue de la deuxième session de l’organe de négociation, des consultations régionales intersessions ont été organisées dans la plupart des régions et sous-régions. D’autres consultations régionales et sous-régionales ont eu lieu avant chacune des sessions suivantes de l’organe de négociation . A la deuxième session de l’organe de négociation (Genève, 30 avril-5 mai 2001), l’examen des projets de dispositions a été réparti entre trois groupes de travail. Le principal résultat de la deuxième session a pris la forme des documents de travail des trois Coprésidents, une liste des projets de textes établis en cours de session incorporée au texte initial du Président. Ces documents de travail sont devenus le projet évolutif de texte de la Convention-cadre. A la troisième session (Genève, 22-28 novembre 2001), deux groupes de travail ont établi des textes révisés et le groupe de travail 1 a par la suite établi un projet. Ces documents ont été utilisés pour poursuivre les négociations au cours de la quatrième session. Ayant remplacé M. Amorim en tant que représentant permanent du Brésil à Genève, M. Seixas Corrêa a été élu Président de l’organe intergouvernemental de négociation de la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac au cours de la quatrième session (Genève, 18-23 mars 2002). Il a été convenu que M. Seixas Corrêa établirait un nouveau texte du Président devant servir de base aux négociations pendant la cinquième session (14-25 octobre 2002). Le nouveau texte du Président est paru en juillet 2002. Une conférence technique internationale sur le commerce illicite des produits du tabac a été organisée par les Etats-Unis d’Amérique au Siège de l’Organisation des Nations Unies à New York du 30 juillet au 1er août 2002. Les quatre premières sessions de l’organe de négociation ont examiné de nombreuses variantes. Les délibérations concertées à la cinquième session ont permis de réduire le nombre de ces variantes et de cibler davantage les négociations. Après une première lecture, en plénière, du nouveau texte du Président, les six questions ci-après ont été retenues et examinées au cours de réunions informelles ouvertes: publicité, promotion et parrainage; ressources financières; commerce illicite des produits du tabac; responsabilité et indemnisation; conditionnement et étiquetage; et commerce et santé. Des groupes informels ont également examiné les questions juridiques, institutionnelles et de procédure et l’emploi des termes. Des progrès considérables ont été enregistrés dans les négociations et il a été possible d’aboutir à un consensus dans plusieurs domaines. Sur la base des résultats des sessions informelles et des consultations intersessions avec plusieurs délégations et groupes de délégations, M. Seixas Corrêa a fait paraître un texte révisé du Président pour la Convention-cadre pour la lutte antitabac le 15 janvier 2003. La sixième et dernière session de l’organe de négociation s’est déroulée du 17 février au 1er mars 2003. Les négociations ont été intenses, portant sur un large éventail de sujets. Deux questions importantes, la publicité, la promotion et le parrainage, d’une part, et les ressources financières, de l’autre, ont été examinées au sein de deux groupes informels. A la dernière séance plénière, l’organe de négociation a décidé de transmettre le texte à la Cinquante-Sixième Assemblée mondiale de la Santé pour examen en vue de son adoption conformément à l’article 19 de la Constitution de l’OMS. Il a également été convenu que l’examen des protocoles serait renvoyé à cette Assemblée de la Santé qui aurait le temps d’examiner la question. A sa dernière séance plénière, l’organe de négociation a convenu que : le Président de l’organe de négociation devrait établir un projet de résolution recommandant l’adoption de la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac par l’Assemblée de la Santé.6 Le projet final de Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac7 Le 21 mai 2003, la Cinquante-Sixième Assemblée mondiale de la Santé a adopté à l’unanimité la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac.8 La Convention a été ouverte à la signature pour une période d’un an, du 16 juin 2003 au 22 juin 2003 au Siège de l’OMS à Genève, puis au Siège de l’Organisation des Nations Unies à New York du 30 juin 2003 au 29 juin 2004. La Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac constitue une étape décisive pour l’avenir de la santé publique mondiale et aura des répercussions majeures sur les buts de l’OMS en matière de santé. La conclusion du processus de négociation et l’adoption à l’unanimité de la Convention-cadre, entièrement conforme aux résolutions de l’Assemblée de la Santé, représente un jalon dans la promotion de la santé publique et apporte une dimension juridique nouvelle à la coopération internationale en matière de santé. |




