I. INTRODUCTION
Si l’année 2006 a été une année d’éveil et de prise de conscience par une poignée de jeunes de la ville de Goma, ce n'était pas le cas pour les habitants du quartier BUJOVU, quartier du nord de Goma. Ce quartier est localisé à 3 Km de la zone neutre avec le Rwanda et séparé de l’aéroport de Goma par une route et une longue clôture de fils barbelés.
Le quartier Bujovu est occupé par une population en majorité d’expression Kinyarwanda et c’est le quartier qui abrite l’usine tabacicole appelée « C.T.C » (Congo Tabacco Company).
Appelée aussi « Supermatch » l’usine C.T.C est la plus grande usine de traitement dans la ville de Goma; utilisant une main d’œuvre supérieure de celle de la BRALIMA / GOMA.
A présent la C.T.C emploie plus de 5 000 personnes (jeunes, vieux et toutes les catégories confondues).
Sa prospérité dans cette région résulte au fait qu’elle détient le monopole de grand fournisseur de tabac ce qui le rend un pivot incontournable de fournisseur du Tabac.
Cependant, quoique géant de la province, l’usine se heurte à des sérieux problèmes qui semblent difficiles à surmonter.
Peut être, seul l’avenir nous en dira plus car sa prospérité dépend de moyens ou la façon dont elle compte résoudre ces défis.
Parmi les défis auxquels la C.T.C doit faire face nous pouvons citer :
1. La gestion des déchets ayant échappé ou résultant du traitement.
2. La sécurité Sanitaire de son personnel de service d’exploitation
3. La sécurité des populations vivant autour de l’usine C.T.C
L’ANALYSE DU DOSSIER
Pour rappel, c’était le 07 Novembre 2006 que la population du quartier Bujovu s'est plainte contre l’usine « SUPERMATCH ». Les réclamations étaient liées à l’intoxication, contamination par odeur, infections respiratoires et poussières provenant de l’industrie qui selon eux ; provoque des complications et effets néfastes à la vie humaine et dont les individus vulnérable sont les femmes enceintes, enfants, et personnes et les âgées.
Contacté à ce sujet un Médecin Docteur du Centre de Santé KAHEMBE à quelques mètres de ce quartier le Dr Shabani FINEY, s’était réservé de faire des déclarations susceptibles de l'opposer à l’usine C.T.C ; avant de déclarer qu’il est très difficile de dire que les naissances prématurées et les avortements spontanés sont due à la fumée et poussière résultant de la machinerie de l’usine C.T.C.
La population du quartier BUJOVU se plaignait de l’obscurité qui régnait autour de la clôture de cette usine tellement grande et la pollution sonore (bruit et tapage nocturne) résultant des machines qui ronflent jour et nuit sans interruption et cette obscurité qui selon eux favoriserait l’insécurité pendant la nuit.
III. Le parquet saisi de l’affaire ( Bujovu – CTC).
A Goma : les autorités judiciaires ont été saisies de cette affaire opposant les habitants du quartier BUJOVU à la compagnie Congo Tabacco Company (C.T.C). C’est le procureur de la République, KASANGADJO MANDUNDU qui avait effectué une descente sur terrain pour faire un constat judiciaire. Le procureur de la République avait reçu ; le mercredi au parquet de grande instance de Goma, les membres du comité de développement du quartier BUJOVU pour plus de précisions avant de prendre contact avec les responsables de cette usine. Selon le procureur, le dossier sur cette affaire était déjà ouvert au parquet mais cependant aujourd’hui une année après, aucun changement sur terrain n’est visible.
D’après les informations en notre possession,un compromis a été trouvé entre le Comité de Développement de Bujovu représenté par son président HAKIZA BATENDE et l’usine C.T.C lors de leur rencontre ;
Comme qui dirait : « Mieux vaut un mauvais arrangement qu’un bon procès ».
Les responsables de l’usine C.T.C ont nié en bloc les réclamations et accusations portées à l’encontre de leur usine a rapporté la Radio Okapi. Cependant l’usine avait accepté de financer quelques activités de développement local de ce quartier BUJOVU. Est ce pour compenser les effets néfastes et préjudices dont est responsable l’usine ou pour résoudre le problème de santé public auquel font face ces populations du coins de Goma que l’usine a-t-elle accepter de parrainer les activité dites de développement de ce comité locale ?
Comment peut–on refuser une allégation portant sa culpabilité et en même temps accepter de payer des pretium doloris visant à calmer la partie adverse !
Notre équipe du S.E.A a fait une descente à l’endroit où se trouve crée l’usine pour s’enquérir de l’état de la dégradation de l’environnement, mais aussi contacter les chefs local du quartiers y compris les membres du comité de Développement de BUJOVU, certaines personnes ont voulu que leur noms soient gardé anonymes. Ainsi nous avons trouvé des nouveaux membres de ce comité de développement dont la plupart d’eux avaient participé aux compromis pris l’année passée mais déclarant qu’aucune promesse n’a jamais été accomplie bien qu’ils ont toujours confiance dans les responsables de l’entreprise SUPERMATCH.
Sur terrain les chefs de cellules nous ont confiés que le député provincial élu de cette circonscription l’Honorable François GACHABA lui seul semble faire un suivi de cette affaire mais il parait qu’il n’a pas assez de force pour faire face à cette géante usine. Les efforts de contacter la coordination provinciale de l’environnement pour savoir quelle réponse elle réserve à cette épineuse question, mais les efforts fournis n’ont pas trouvé aucune réponse prompte.
IV. NOTRE PREOCCUPATION
Tout en reconnaissant les efforts fournis par les responsables de l’usine C.T.C en vue de vider le contenu du cahier de charge des habitants, beaucoup reste à faire. La sécurité de son personnel d’exploitation qui à notre avis n’est pas garanti ; lorsque nous avons palpé de nos sens l’odeur qui continue à polluer l’air qui se déplace dans ce quartier, exposant ainsi involontairement les habitants.
Il est reconnu un droit à l’air pur et une vie sans fumée de cigarettes à tout individu. Nul ne devait pas être exposé à la fumée par qui ce soit, personne physique (conjoint) ou morale. La coordination provinciale de l’OMS et celle de l’Environnement Nord Kivu doivent s’y pencher pour y apporter une panacée.
Il convient de signaler que pour certains, ici la santé vient en seconde place après le commerce. Il existe ici des tombola qui procèdent très mal et violent les droits de no – fumeurs. Certains pour faire les prosélytes ou des nouveaux membres du tabac ont rabaissé les prix de cigarettes a tel point que nous craignons que les enfants n’y accèdent ; d’autres utilisent des petit orchestres local et vont jusqu’à exiger aux clients de fumer un paquet de cigarette contenant 20 tiges en quelques minutes et on vous offre un billet d’accès à tel ou tel hôtel où vous mangez et buvez à leur frais gratuitement.
D’autres exigent que vous leurs apportiez 20 cotons restant de la cigarette portant le nom de la cigarette et vous obtenez un cadeau. C’est ainsi que les enfants ne font que la journée entrain de chercher des coton en vue de les apporter à ces gens de marketings pour qu’eux aussi ils obtiennent de ce prix cadeaux.
A notre avis c’est une publicité qui risque de pousser les jeunes et enfants à acheter les paquets de ces cigarettes et fumer pour conserver ces cotons et les remettre après pour obtenir un cadeau ; lequel cadeau coûte cher au marché mais avec 20 cotons portant les mêmes nom on gagne une chose de grande valeur.
Cette façon de promouvoir le tabac constitue une menace pure et simple des efforts des activités de lutte antitabac. Cette publicité est pratiqué par les nouvelles compagnies qui sont nouvelles sur terrain et voulant concurrencer la C.T.C pour qu’eux aussi gagnent la confiance du public.
Vu ce qui précède, le S.E.A fidèle à son idéal propose :
- La création d’une commission mixte OMS, Coordination Environnement, Inspection Provincial de la Santé et les Organisations locale de lutte antitabac pour s’assurer que la santé du personnel d’exploitation et l’environnement est garantie par l’usine CTC Goma.
- Soutenir les activités et campagnes éducatives antitabac du S.E.A dans la province du Nord Kivu.
Pour le S.E.A
Paul LUGHEMBE
S.E.A Activities Coordinator




